Edition Künstler im Gespräch Vol. 8 – Je suis convaincu que toutes ces choses, qui sont pourtant des processus très complexes, sont conçues de telle sorte que chaque auditeur, quelle que soit la couche intellectuelle et sociale à laquelle il appartient, se trouve quelque part (…) saisi. (B. A. Zimmermann)
Ces enregistrements originaux de Bernd Alois Zimmermann (SACD 2) proviennent d’un entretien, restauré par Cybele, entre lui et le Prof. Herbort, qui eut lieu en 1968 chez Zimmermann à Großkönigsdorf à propos d’un texte de pochette prévu pour son opéra Die Soldaten ; des extraits, avec la voix de Zimmermann, sont publiés ici pour la première fois.
Bernd Alois Zimmermann – Il y a d’une part son œuvre symphonique, à bien des égards extrêmement lourde à réaliser, qui recourt entre autres à des instruments très rarement employés, comme le verrillon dans le Concerto pour violoncelle et orchestre en forme de ,pas de trois’ (enregistré ici pour la première fois avec verrillon) ainsi que le cymbalum, pour lequel on ne trouve que peu d’interprètes. Dans ses travaux les plus vastes, il voulait élaborer les liens les plus complexes de l’actualité et de sa vision du monde d’une manière si intense et si totale que chacune de ces créations semblait être la seule — et peut-être la dernière. D’autre part, Zimmermann dut surmonter d’effroyables expériences de guerre, qui avaient durablement traumatisé cet homme sensible et profond.
York Höller, l’un des derniers élèves de Zimmermann, étudia auprès de Bernd Alois Zimmermann de 1967 à 1970, précisément dans les années où naquirent les œuvres symphoniques tardives que l’on entend dans cette édition. Höller parle de valeurs très personnelles, de ses propres œuvres et conceptions du monde et de la signification existentielle du travail artistique.
Dans son entretien avec Mirjam Wiesemann (SACD 2 & 3), il se souvient d’événements et d’impressions de ces dernières années du compositeur – Höller a ainsi vécu de tout près la genèse du Roi Ubu (SACD 1). À la fin du SACD 1, vous entendrez un „conte moderne“ d’Elke Heidenreich, enregistré par l’autrice spécialement pour Cybele à l’occasion du Roi Ubu.
Chez les interprètes des trois œuvres tardives se trouve réunie la distribution idéale pour la musique complexe de Zimmermann : sous la direction de Bernhard Kontarsky, dont l’enregistrement du Requiem für einen jungen Dichter de Zimmermann chez Cybele a déjà reçu de nombreux prix internationaux, le Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR se montre au sommet de sa forme. Dans le concerto pour violoncelle de Zimmermann, le violoncelliste d’exception et spécialiste de Zimmermann Jan-Filip Tupa et le duo de verrillons sinfonia di vetro ouvrent à l’auditeur des univers sonores que l’on n’avait encore jamais entendus ainsi.
