Dans le cadre de la passionnante série documentaire „Künstler im Gespräch“ de Cybele Records, distinguée en 2011 par le Deutscher Hörbuchpreis dans la catégorie „Beste verlegerische Leistung“, paraît maintenant le Volume 5, consacré à la grande dame des compositeurs belges, Jacqueline Fontyn.
Sa vie et son œuvre forment un contraste passionnant avec le Vol. 4 de la série, consacré à la musique pour piano de Pierre Boulez.
Jacqueline Fontyn ne s’est jamais engagée envers une profession de foi musicale particulière ni soumise à un dogme. Elle voulait aborder son travail créateur aussi librement que possible de toute doctrine et de tout article de foi contraignant. Elle n’a jamais travaillé selon les règles du sérialisme. „Tout cela était trop intellectuel pour moi“, résume-t-elle.
Dans ses œuvres, „il n’y a jamais un moment de sécheresse ni de rigueur académique“, dit le violoniste et pianiste Kolja Lessing, présent dans cette édition comme soliste et comme interlocuteur de Mirjam Wiesemann . Une „énorme sensualité sonore, de la couleur, de la fraîcheur et aucune guerre de tranchées idéologique“ : ainsi le violoniste résume-t-il quelques piliers essentiels qui distinguent l’œuvre de la compositrice.
Jacqueline Fontyn elle-même appelle l’orchestre „son instrument préféré“, car il offre précisément ces possibilités multiples qui répondent à sa richesse de formes et de couleurs : „Avec un orchestre, on peut tout obtenir. Ici, il n’y a pas de limites…“.
Quatre concertos différents de Jacqueline Fontyn forment ainsi la partie musicale de cette édition (SACD 1) : un concerto pour violon, un concerto pour deux percussionnistes et orchestre, un concerto pour violoncelle et un double concerto pour flûte traversière, clavecin et orchestre à cordes.
En complément de la musique, Mirjam Wiesemann a mené un long entretien avec Jacqueline Fontyn (SACD 2) dans sa maison du village belge de Limelette, près de Bruxelles, où elle vit depuis plus de 50 ans : sur sa jeunesse d’„enfant prodige“, la perte précoce de plusieurs personnes importantes de son enfance, son rapport positif et plein d’humour à la vie, son amour de la nature et, bien sûr, sur son œuvre et les valeurs qui marquent sa vie et sa musique.
Mirjam Wiesemann a mené un autre entretien à Wurtzbourg avec Kolja Lessing (SACD 3), confident et collègue de longue date de la compositrice. Ici encore, les sujets dépassent de loin les réflexions de théorie musicale et conduisent plutôt, par des expériences et des aveux personnels, au cœur même de la vie humaine et musicale des artistes.
