..für: Werke für Campanula (+Harfe) place les œuvres pour campanula, harpe et bande de Michael Denhoff, avec des références à Bach, Kurtág, Bialas, Heindrichs et Maiwald au centre. Le programme ne suit pas une simple succession de titres isolés : il développe un arc de tension propre, où proportion formelle, geste sonore et transformation du mouvement en repos se laissent éprouver comme un récit continu. Michael Denhoff, Ute Blaumer ouvre cette musique par une lecture qui rend le détail perceptible sans perdre de vue l’ensemble.
Denhoff, Michael & Bach, Johann Sebastian & Kurtág, György & Bialas, Günter & Heindrichs, Heinz Albert & Maiwald, Torben constitue le point de référence de cette édition. À l’horizon de Musique baroque, modernité classique, musique contemporaine, on mesure combien le langage sonore, l’écriture et l’expression peuvent se conjuguer de façons diverses. Michael Denhoff place au centre la Campanula – un instrument doté de 16 cordes sympathiques accordées diatoniquement. Son timbre spatial, riche en harmoniques, s’unit à la harpe, à la bande et aux traces mémorielles de l’écriture. La sélection ne conduit pas à une rétrospective de musée, mais à un présent vivant de l’écoute : les structures deviennent lisibles, les singularités des œuvres prennent du relief, et les tournures familières comme inattendues gagnent en poids.
L’effectif — Instrument soliste, Campanula, harpe, bande — marque de façon décisive le caractère de l’album. Registration, résonance, souffle, toucher et silence sont traités comme des forces musicales. Là où les lignes se superposent, où les impulsions rythmiques se densifient ou où les couleurs se fondent l’une dans l’autre, la construction reste transparente. C’est précisément ainsi que naissent ces relations subtiles qui s’ouvrent davantage à chaque nouvelle écoute.
Michael Denhoff, Ute Blaumer allie la maîtrise technique à une musicalité claire et sans effort apparent. L’exécution suit le caractère propre de chaque œuvre tout en préservant une dramaturgie d’ensemble : les moments fragiles ne perdent rien de leur tension, les passages virtuoses restent articulés, et les contrastes forts ne sont pas exhibés mais développés à partir du matériau musical lui-même. L’édition y gagne une concentration et un calme intérieur convaincants.
